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Celle qui va devoir payer – Maj du 24/07/18

L'actu en bref

Cette semaine a été chargée pour Google, qui, tout en prenant de belles amendes, continue son bonhomme de chemin comme si de rien n’était : le géant a annoncé cette semaine la pose d’un nouveau câble sous-marin entre la France et les États-Unis, tout en travaillant sur un projet open source de création d’un standard de portabilité des données #conformitéGDPR. Citons également ce bel article sur Susan Wojcicki, connue non seulement pour avoir prêté son garage aux fondateurs de Google, mais aussi pour avoir conseillé le rachat de YouTube et en avoir pris la tête par la suite. À noter par ailleurs : AirBnB doit revoir ses CGU européennes ; Elon Musk s’engage contre les armes autonomes tout en continuant à communiquer de manière catastrophique sur Twitter ; exit les drones, Facebook amènera Internet par satellite ; la moitié des ICO meurent quatre mois après la finalisation de la levée de fonds de cryptomonnaie. De nôtre côté du câble sous-marin, la CNIL a mis en demeure deux applications mobiles pour défaut de recueil valable du consentement, c’est l’occasion de faire le point ; la loi anti-fake news patauge au Sénat tandis que les députés mentionnent la protection des données personnelles dans la Constitution ; et l’UE s’active en reprochant à la France un défaut de transposition de la directive NIS et en reconnaissant le Japon comme disposant d’une réglementation adéquate : plus besoin de BCR et autres clauses standard pour envoyer des données personnelles au Soleil levant.

Faites la Maj, et à la semaine prochaine !

4,34 milliards d’euros, ça permet d’acheter 2,17 milliards de cheeseburgers au McDo, 384 voitures “Sweptail” de Rolls Royce, les dix meilleures équipes de baseball ou même 3 navettes spatiales. Ça permet aussi de s’acquitter de l’amende record que la Commission européenne a (de nouveau) infligé à Google pour abus de position dominante.

La sanction de l’abus

L’abus de position dominante est une infraction intéressante en ce qu’elle rejoint quelque peu l’adage “la fraude corrompt tout” : contrairement à ce que ses détracteurs affirment, il ne s’agit pas de sanctionner une entreprise qui aurait trop de succès, mais d’interdire des pratiques qui ne sont possibles que parce que la société en question a tant de succès, et qui empêchent d’autres acteurs d’émerger. Dans un secteur où les effets de réseau sont rois, il est fréquent que des entreprises acquièrent une position dominante sur un marché. Ce qui est reproché n’est donc pas tant la réussite, mais l’utilisation d’une position de force pour s’y maintenir.

Le coupable du jour est bien connu des services puisqu’il s’agit d’un récidiviste : déjà l’année dernière, l’amende Google Shopping avait défrayé la chronique avec son montant vertigineux de 2,34 milliards d’euros. Les faits sont assez similaires : dans Google Shopping on reprochait au géant de la recherche de favoriser son comparateur de prix dans les résultats de son propre moteur, tandis qu’aujourd’hui avec Android, c’est le fait d’imposer son moteur de recherche et ses services liés sur la plateforme mobile qui est sanctionné. Dans les deux cas, la Commission a considéré que la pratique nuisait à la libre concurrence, et donc était défavorable au consommateur.

L’UE face à l’économie du web

Google a annoncé faire appel, chiffres à l’appui : Android est utilisé sur plus 24 000 téléphones différents, créés par plus de 1 300 marques, donnant accès à plus d’un million d’applications mobiles. Cela ne serait possible que parce que Google a imposé ses règles, créant une expérience utilisateur harmonisée (ce qui devrait plaire à l’UE) tout en laissant suffisamment de marges de manœuvre pour que chacun ajoute ses spécificités. Le système serait vertueux : plus les utilisateurs plébiscitent Android et son app-store Google Play, plus les marques créent de téléphone Android, plus les utilisateurs ont de choix et utilisent Android… #effetderéseau.

L’UE semble simplement, une fois n’est pas coutume, se démarquer du mode de pensée des géants américains en faisant passer un autre message. On pense évidemment à la lutte contre l’économie de la donnée personnelle qui a également lieu en parallèle avec l’arrivée du GDPR, et potentiellement de ses amendes. Dans les deux cas, ce sont bien des modèles de pensée qui paraissent s’opposer : pour les géants du net, les croisements de données et de produits permettent de faire fonctionner les effets de réseau à leur maximum, en garantissant ainsi des services d’une très grande qualité qui restent (monétairement) gratuits ; pour l’UE, cette accentuation des effets de réseau est factice car non naturelle (ce n’est pas l’algorithme de Google qui a fait remonter Shopping dans les résultats de recherche) et l’économie de la donnée existe au détriment de la vie privée.

Face à cette situation, il n’y a pas 36 solutions, surtout quand des entreprises comme Spotify et Netflix montrent déjà la voie : préparez-vous à payer.

Le Gif de la semaine


À la semaine prochaine, ou ça va barder !